Autre printemps, autres mœurs

Saison de maraîchage bio à Gignac
Photo de Pierre Pernix

Ça y est, c’est fait. Blondinette et moi-même avons épaulé nos baluchons et tracé la route vers le soleil du midi. Voilà plus d’un mois que nous avons emménagé à Gignac, dans l’Hérault, à environ 30km au nord-ouest de Montpellier.

Il y a fort à faire dans l’appartement: faute de terrain avec arbres, il faut échafauder une pergola sur la terrasse en prévision du cagnard, construire des jardinières de récup’ en bois de palette pour y planter piments, houblon, fleurs et aromatiques, et accomplir d’autres bricolages en tout genre…

Et puis le travail agricole a repris. J’ai été embauché mi-mars pour une nouvelle saison de maraîchage bio à Aniane, le village d’à côté. Le chef s’appelle Florent Guret et produit une assez grande diversité de légumes sur environ deux hectares, qu’il vend au marché de Saint-Martin de Londres, mais aussi dans des paniers hebdomadaires aux habitants du coin, et parfois à des grossistes.

Saison de maraîchage bio à Aniane
Photo de Pierre Pernix

En Seine et Marne, mes premiers mois de travail furent rythmés par le semis des légumes d’été. Ici, dans l’Hérault, ces mêmes espèces sont déjà en terre depuis un bail: jeunes plants de courgettes, de tomates, d’aubergines et de poivrons croissent allègrement sous serre, pois et fèves sont à l’extérieur. À moins de 700km plus au sud, le décalage horaire est notable. Il fait évidemment plus chaud, pour un mois de mars: on mange souvent dehors le midi, et c’est déjà comme dans un four qu’il faut passer la houe sous la serre.

Bref, c’est reparti. On sème une deuxième fournée de tomates pour le plein champ, des céleris et des pastèques, on repique d’autres poivrons et des piments. On récolte l’aillet, les cébettes, les salades et les blettes, et aussi beaucoup d’épinards… avant qu’ils montent à graine. On plante des haricots, des betteraves et, nouveauté, des artichauts!

Un autre climat, un autre décor, un autre patron casse-couilles pointilleux. D’autres méthodes et d’autres découvertes. Ce n’est certes pas un retour à la case départ, car je peux arguer d’un peu d’expérience, mais comme une nouvelle année scolaire. Une nouvelle aventure, quoi. Un autre printemps!

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